L’obésité des animaux

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Article publié le 20 Juin 2018

Pourquoi nos animaux deviennent-ils de plus en plus obèses ?

Souffriraient-ils du péché de gourmandise comme les humains ? Seraient-ils devenus plus gloutons ? La gourmandise se définit de la sorte : manger avec avidité des quantités de nourriture.

 

 A notre époque on mange des aliments trop riches à longueur d’année, et surtout des aliments trop gras, trop sucrés trop salés. D’où l’augmentation de l’obésité. On vit dans l’enfer de la grande bouffe. Nous mangeons trop vite et de façon déraisonnable, car aujourd’hui le choix de nos aliments est soumis à des normes sociales : amener les enfants au McDonald’s est une mode, c’est le garant qu’on est de bons parents, qu’on sait faire plaisir aux enfants puisque tout est fait pour eux dans ce lieu y compris les cadeaux offerts etc…. Dieu sait pourtant que entre le pain, le bacon, le fromage et les sauces sur le plan nutritionnel c’est une aberration. Ce n’est pas les 2 malheureuses feuilles de salade, les 2 rondelles de tomate et les 3 rondelles d’oignons qui sauveront le taux de gras et de sel. Est-ce que les personnes qui mangent tous ces hamburgers, ces cornets de frites qui vont avec et les glaces du dessert pensent qu’elles mangent les 5 fruits et légumes nécessaires à notre équilibre ? Cette stéréotypie de goûts ne forme pas le goût des enfants, peu de chance qu’ils deviennent des gourmets plus tard !

Il faut s’inquiéter de la montée de l’obésité dans le monde, en Chine un quart de la population est obèse, 24% au Royaume-Uni, le nombre d’obèses aux USA  a quadruplé dans les 10 dernières années.  Que se passe-t-il ? Et que se passe-t-il quand on mange ?

 Pendant un repas la dopamine et libérée. On l’appelle hormone du plaisir ou de la récompense. On voit bien que manger ne consiste pas qu’à se remplir l’estomac mais consiste beaucoup plus à se faire plaisir. Si tout est équilibré intervient à un moment le centre de la satiété et on s’arrête de manger. Souvent on définit cela en ces termes : «  je suis rempli », « mon ventre va éclater », « mon estomac et plein ». Il y a une autre hormone qui a une incidence sur notre appétit : la sérotonine. Serait-ce à cause d’elle que nous mangeons trop ? l’obésité viendrait-elle d’un déséquilibre entre la dopamine et la sérotonine ?

Les chercheurs ont démontré que les aliments trop sucrés ont le même effet qu’une drogue : c’est-à-dire qu’on ressent du bien-être, cela compense le stress. Le gras et de sucre, cette appétence que nous avons à l’égard de ce type d’aliments fait que l’on peut s’en gaver de façon illimitée. Ce qui n’existait pas autrefois dans les générations précédentes. Nous avons à l’heure actuelle une réelle accoutumance à ce type de nourriture : c’est comme si notre cerveau avait été reprogrammé pour qu’on mange uniquement pour avoir du plaisir et pas par faim. Le mécanisme alimentaire est cassé et pour autant on est toujours aussi stressés. C’est dire qu’on n’a aucun avantage à éduquer alimentairement ainsi nos enfants mais on en a tous les inconvénients.

Les chercheurs on fait des expériences sur les rats, ils leur ont donné biscuits et cocaïne : les rats sont aussi accrocs aux biscuit qu’à la cocaïne !!!

 Existe-t-il dans la nature des animaux gloutons, avides naturellement ? oui ! Prenons le cas du vautour. On peut dire qu’il est l’éboueur de la nature car il se nourrit essentiellement de cadavres en décomposition. Il est très rare qu’il tue ses proies. Il avale tout, les animaux empoisonnés contaminés, tout ce qui est mort sur terre et dans l’eau.  C’est le charognard le plus efficace qui puisse exister.  Ils rendent un service énorme à l’écosystème car ils débarrassent les cadavres des rivières, des marres et empêchent de la sorte que l’eau ne soit contaminée, elle reste buvable par toutes les autres espèces animales. Les plumes de leur tête et de leur cou n’existent plus pour qu’ils puissent plonger la tête dans ces cadavres en décomposition, de la sorte ils ne s’infectent pas. Ils font pipi sur leurs pattes pour se nettoyer et éviter les maladies. Leur estomac est 100 fois plus acide que le notre, ils peuvent tout avaler et en grande quantité. Ils peuvent en une fois ingurgiter 20% de leur poids. Ils mangent tellement qu’ils ont parfois du mal à s’envoler. Pour repérer leurs proies d’en haut ils planent donc très peu de dépense d’énergie. Et eux ils ne deviennent pas obèses ? Don

c se goinfrer est un comportement normal et courant dans l’espèce animale. Oui mais eux ils ne mangent pas à longueur de journée et pas tous les jours. Ils ne mangent pas ce cocktail détonnant gras + sucre + sel.  Ils sont faits pour ne manger que des protéines animales. Dites-leur un grand merci à eux et aux animaux de leur espèce car ils nous évitent à nous et aux autres  espèces animales des épidémies qui nous décimeraient.

 Ne les voyez plus comme des animaux dégoûtants mais comme des super soignants de l’écosystème.

 Y-a-t-il d’autres animaux aussi voraces ? Oui les sauterelles, elles s’abattent à près de 20 millions d’insectes sur les cultures, les forêts. J’ai vécu cela en Algérie on disait que c’était dû à la colère de Dieu car après leur passage vous n’avez plus que de la terre battue. La sauterelle peut consommer son propre poids en 24h. C’est pour cela qu’elles étaient considérées comme un fléau biblique car après leur passage la famine était assurée.

Des expériences ont été faites sur les macaques rhésus.  Ces singes vivent en très grand nombre, les mâles dominants sont très agressifs ce qui stresse les femelles. Si on nourrit les animaux stressés avec une nourriture plus riche en lipides et glucides 40 % mangent plus qu’à l’accoutumée et peuvent devenir obèses. On constate ceci dans les bandes de singes qui pillent les touristes : ils sont friands de paquets de chips, de biscuits, sandwichs, boissons sucrées que ce soit dans les parcs animaliers ou dans les parkings.  On constate des singes de plus en plus obèses.

Qu’en est-il de nos animaux domestiques ? Et oui ils deviennent gourmands pour s’adapter à nous les humains. Ils nous imitent et imitent notre mode alimentaire : trop de sucre, trop de gras, trop de sel. Les  vétérinaires s’en inquiètent car cette obésité crée beaucoup de maladies. Leurs articulations ne sont pas adaptées à se surpoids. Pour un chien, un chat ce qui est important c’est qu’on lui donne. Il sait qu’on lui montre intérêt, attention, amour par ces gestes alimentaires. Ils aiment être là quand on mange car ils sentent que c’est pour nous un moment de plaisir. Avec leurs 200 millions de cellules olfactives les chiens sentent-ils la dopamine que notre cerveau libère ? Oui, il faut continuer à Partager ce plaisir de manger, oui, il faut conserver ses gestes d’amour. Mais il faut leur donner des petits morceaux : coupez le biscuit en 4 et donnez-lui ainsi un biscuit au lieu de 4, il sera aussi content. Mettez un fond de nourriture au fond de la boite au lieu de lui donner la boîte entière. N’oubliez pas, l’important c’est qu’on s’occupe de lui et qu’il sache qu’on l’aime. Vous lui éviterez bon nombre de maladies. Si vous êtes adeptes des croquettes et des boîtes, gardez vos restes, pâtes, gratin, légumes et mélangez ces repas tout prêts avec. Vous pouvez acheter à bas prix des poissons comme chinchard, maquereaux etc…. Faîtes-les bouillir et donnez la chair aux chats (les chiens créoles adorent aussi le poisson). Donnez leur du blanc de poulet. Variez un peu leur nourriture pour leur santé. C’est comme pour nous, les humains, le secret de la bonne santé c’est de varier les aliments, et de choisir des aliments moins caloriques et varier les goûts pour le plaisir.

 Vous avez pu constater (si vous avez eu plusieurs chats et chiens) qu’ils ont chacun des goûts très spécifiques comme ils ont des personnalités différentes. Ils n’aiment pas tous manger la même chose et ils ont des aliments qu’ils détestent copieusement.  Oui, la gourmandise existe chez eux comme chez nous, comme la jalousie, la colère et autres.  Et encore la science ne nous a pas tout dévoilé, je pense que nous serons de plus en plus surpris par eux, car ils ne sont pas que dotés de sensibilité, ils éprouvent de vrais sentiments, de vrais goûts, ils ont de vraies qualités et de vrais défauts. Il faut juste les regarder vivre, les observer, les aimer et partager notre vie avec eux. On sera sûr de ne pas perdre notre humanité.   

Marie-Aude ABANE