Animal-Humain et Homme-Minéral

 Animal Humain

 et 

Homme-Minéral 

 

Je me demande souvent pourquoi la France est tellement en retard en matière de protection animale et de reconnaissance de l’existence de l’éthique animale ? Et pourtant, cette discipline est enseignée à Oxford depuis 1970. Des milliers de formations universitaires ont lieu, dans différents pays, mais à ma connaissance, pas en France jusqu’à présent. Pourquoi certaines chaînes de télévision relatent-elles quantité d’émissions où on voit comment fonctionnent les SPA en Angleterre, aux Etats-Unis, en Australie (le rêve des SPA), comment travaillent les vétérinaires de ces pays-là : ils accordent une grande importance à la relation affective homme-animal dans la réussite des divers actes qu’ils pratiquent.

Moi, je suis tellement passée pour une illuminée par mes vétérinaires successifs lorsque je parlais des différents comportements spécifiques à l’animal qu’ils soignaient. Peu étaient sensibilisés à ces notions de psychologie animale. Quand les vétérinaires à l’étranger parlent de l’animal qu’ils soignent en disant «  mon client », quand ils vont chercher l’animal et ses propriétaires en salle d’attente, ils appellent par le nom de l’animal et pas par le nom de ceux qui vont payer la note. Moi j’ai eu droit à les « bestioles » !!! J’ai eu une fois une petite chatte qui n’arrivait pas à expulser son petit : il était minuit, j’avais appelé mon véto, j’étais affolée la tête du petit chat coincée dans la vulve, je voyais ses yeux, son nez, j’ai cru que mon chat allait mourir. Je l’ai ultérieurement entendu se moquer de moi avec d’autres en disant qu’il a cru que « c’était Mme ABANE qui accouchait ». J’ai vu ces regards moqueurs et amusés quand je pleurais effondrée parce que j’assistais à l’euthanasie d’un de mes petits protégés. Un autre ulcéré parce que mes chats et chiens n’étaient souvent malades qu’en fin de vie, et que depuis leur stérilisation, il ne les avait quasiment plus revus, m’avait dit que je ne les lui amenais que pour « l’extrême onction ». Je l’ai quitté séance tenante. Quel manque d’empathie et de professionnalisme ! Pourquoi le milieu intellectuel Français est-il si méfiant en ce qui concerne l’affectif et l’émotif de l’animal ? Il me semble que leur peur excessive de l’anthropomorphisme est anormale et dessuette (c’est le fait de projeter les émotions et affection des humains sur l’animal). J’étais en fac quand on nous a parlé d’une expérience faite par les Russes sur une lapine et ses lapereaux. Ils ont mis la lapine avec des électrodes sur la tête dans un sous-marin en immersion, les lapereaux eux, sont restés sur la terre ferme, ils ont été exécutés les uns derrière les autres. Chaque fois qu’un mourrait les électrodes de la lapine enregistraient le tracé de la douleur. Cette expérience m’a vraiment interpellée et elle ne peut que poser question. Les pulsions d’entre-aide des animaux sont de plus en plus exploitées. On introduit des chats et chiens dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les prisons à cause des bienfaits qu’ils apportent : angoisses et agressivité calmées, meilleure qualité du sommeil, renaissance de la joie et de la vie.

Ces expériences ne démarrent que timidement en France : on est coincé à l’animal = saleté, risque pour la santé (le moyen-âge en quelque sorte). Je ne parle pas des chiens et chats qui ont sauvé la vie de leur maître, de ceux qui détectent leur crise d’épilepsie, leur cancer ou leur hypoglycémie dans les cas de diabète. Alors douter encore de leur affection et de leur sollicitude à notre égard, c’est du déni, de l’aveuglement à l’état pur.

Pourtant l’éthique animale n’est pas une religion ou un mythe, elle existe : c’est l’étude de la responsabilité morale à l’égard de l’animal. La souffrance est bien sûr le point de cette éthique. L’éthique environnementale s’occupe des espèces pas des individus, c’est la première raison qui explique la volonté d’ignorer l’affectif et l’émotif de l’animal. Ce manque d’intérêt est tellement grave qu’il n’existait pas, jusqu’il y a peu, d’ouvrage en Français !!! Le « Pape » de cette éthique animale est Peter SINGER. Tout le monde connait le mépris de la presse dites intellectuelle Française à parler de l’animal : l’expression qu’ils emploient pour parler d’un article inintéressant, voire d’un journaliste médiocre est « s’occuper de la rubrique chiens écrasés ». Comme si parler d’animaux était dévalorisant pour un journaliste. Comme si cela ne faisait pas adulte, pas intelligent, pas sérieux. Paradoxe total car l’adulescence est tellement à la mode en France et omniprésente dans les milieux intellectuels, artistiques et médiatiques. L’adulescence est la contraction de l’adulte et de l’adolescent. C’est-à-dire de cette mode à vouloir rester d’éternels ados, en s’habillant comme eux, en parlant le langage « jeune » en priorisant le jeu et les distractions comme mode de vie avec leur côté « jacasse » malheureusement, et en donnant le pouvoir aux enfants et aux ados sur les adultes. Pouvoir du savoir, de l’intelligence et de la force. Bon nombre de films ont pour thème les pouvoirs para normaux d’ados, ils sont soit super espions, soit dix fois plus percutants et intelligents que leurs parents. Depuis que l’homme existe, ce sont les adultes qui portent, enseignent, guident et protègent les enfants, pas l’inverse. Comment pourraient-ils résoudre les problèmes, avoir toutes les solutions en ne possédant aucune expérience de la vie, des responsabilités de l’adulte. Le monde intellectuel marche sur la tête, tout est à l’envers, car la loi reste la loi, en dessous de 15 ans on est mineur et sous la responsabilité légale des adultes, la réalité est là ! Alors ! Quel gabgie ! Une vraie arnaque pour ces adolescents, quelle angoisse, on leur vole leur insouciance, l’innocence de la jeunesse. Que les jeunes soient sensibilisés par les problèmes de l’environnement, oui c’est une très bonne chose car ce sont eux qui vivront adultes sur la planète que nous leur aurons laissée, et ils peuvent, il est vrai, influencer leurs parents à respecter davantage cet environnement. Mais ne nous leurrons pas si ces problèmes de protection de la planète sont tellement à la mode, c’est surtout à cause des problèmes de santé qu’ils posent : pollution de l’air, de l’eau, et des dangers qu’ils vont provoquer : augmentation des tornades, typhons et autres, montées des eaux de la mer, la couche d’ozone etc…. C’est très égoïste car cela conduit aux migrations humaines excessives avec les problèmes de sécurité que cela pose, les difficultés économiques occasionnées et la peur de l’invasion. C’est beaucoup plus ces facteurs qui déclenchent la prise de conscience et la recherche de solutions des différentes pollutions car quand EINSTEIN avait dit que si les abeilles disparaissaient l’espèce humaine ne leur survivrait pas au-delà de 6 ans ! qui l’a écouté ? Qui a arrêté l’emploi excessif de pesticides ? Qui s’est soucié qu’ils déclenchaient la perte de beaucoup d’espèces au niveau de la faune et de la flore ? Qui s’est ému de la disparition des insectes et des batraciens ? Encore aujourd’hui qui empêche le Brésil de tuer le poumon de la terre : la forêt Amazonienne. On tue la faune sauvage : plus de sources de nourriture, plus d’habitat, donc plus de reproduction. On a commencé à bouger quand on a compris que ces pesticides engendraient des cancers chez l’homme. L’homme continue à penser qu’il a le droit de tuer ce qu’il appelle « les nuisibles » renards, blaireaux, furets et autres. Il décide de quelle espèce doit vivre et quelle espèce doit mourir, mais c’est bien là l’origine du racisme, des génocides et des massacres ethniques ce fonctionnement-là !!! Depuis l’industrialisation, l’apogée de la technologie l’homme croit être Dieu et pense qu’il peut tout contrôler. Quelle folie et quelle bêtise ! Tout cela pour le Dieu dollar, pour super -production, traduisez super-pouvoir et surtout beaucoup, beaucoup de sous. Depuis qu’il est prouvé que les pesticides empoisonnaient l’eau, la terre, et pouvaient nous rendre déficients mentaux, voire stériles, alors là on rejette le monde agricole en les traitant d’assassins.

J’ai pu aussi constater en France que quand on s’occupe de protection animale on passe pour des mémères à chiens et chats, des personnes en mal d’affectif mal b—-ées ! Voire pire ! J’ai dû porter plainte il y a quelques années auprès du procureur car quand j’arrivais au Tribunal en tant qu’expert judiciaire, pour consulter le dossier d’un prévenu afin d’exécuter la mission qui m’était confiée, j’avais des réflexions de la part des avocats, des policiers du type « ça sent le chien ici ». Sans parler des regards concupiscents et des éclats de rire. J’ai même constaté ce rejet lors de mes études de psychologie : à l’époque elles comprenaient 2 années de neurologie. Lors de travaux pratiques nous devions décapiter chacun une grenouille vivante pour étudier je ne sais plus trop quoi sur le système nerveux. Je me suis mise à pleurer, je me suis levée et j’ai quitté la salle en disant que c’était nul et inhumain : 500 étudiants qui chaque année allaient décapiter 500 grenouilles alors qu’on nous l’avait dit, seuls 30 d’entre nous seraient diplômés après les 6 à 7 ans d’études. J’ai proposé qu’une seule grenouille  suffisait et que nous n’avions qu’à regarder les diapositives et autres. Ignorantus, ignorenta, ignorentum, j’étais juste en avance. Je ne voyais que des sourires narquois, condescendants, voire méprisants. Quand au regard du professeur, c’était de la pitié carrément. Il m’a même été signifié que je ne pourrais jamais exercer avec un  émotif aussi peu contrôlé et un affectif aussi peu canalisé. Un bon psychologue devait faire preuve de « neutralité bienveillante ». Je n’ai jamais entendu pareille aberration. C’est prendre nos patients pour de supers idiots. Comme s’ils ne voyaient pas les jours où on n’est pas en forme, ou inquiets, ou malades. Ma soit disant sensiblerie de bonne femme posait problème. Je l’attribuais à l’époque à cette différence culturelle : chez les kabyles la vie est sacrée et respectée. Cette hiérarchie linéaire, homme-animal-végétal-minéral qui nous place au-dessus de tout avec tous les droits et tous les pouvoirs n’existe pas : l’homme fait partie d’un tout et dépend autant de l’animal et du végétal qu’ils dépendent de nous. Ravie de voir que c’est devenu à la mode avec cette conscience écologique. Notre culture était visionnaire.

Mais ne croyez pas que les soit disant protecteurs d’animaux s’inscrivent dans ce schéma d’éthique animale : beaucoup euthanasient sans vergogne parce qu’ils décident que les animaux sont vieux, handicapés, et décrétés pas beaux ou avec des maladies de peau qui inquiètent : ils ne doivent pas vivre.  Les zoonoses ( c’est-à-dire les maladies que pourraient véhiculer les animaux) font peur beaucoup plus à priori que le sida puisque beaucoup ont une vie sexuelle intense, sans se protéger !! Autre paradoxe de l’homme du 21ème siècle. Mais le pire dans tout cela c’est leur tartufferie, ils préfèrent disent-ils le voir mort, plutôt que de le voir souffrir », mais demandent-ils vraiment au vétérinaire s’il souffre et si on peut le soigner ? Je rétorque toujours que si on demandait son avis à l’animal il voudrait s’accrocher à la vie jusqu’au bout et tenter tous les traitements, tout comme les humains. Il est vrai que l’humanitaire et la protection animale permettent à certains de s’acheter à bas prix une image de bon, de courageux, de désintéressé ! On a souvent des surprises ! en plus de 30 ans de pratique de protection animale j’ai vu plus de faussaires passionnés par leur égo ou par leur porte-monnaie que par les animaux.

Il faut dire que les grandes religions colonialistes que sont le catholicisme et l’islam font également peu de place à l’éthique animale. Encore un de mes faits de gloire : j’avais peut-être 8 ans et lors d’un cours de catéchisme sur l’âme j’ai demandé si les animaux avaient une âme. Goguenardes les dames du catéchisme m’avaient répondu « bien sûr que non » ahuries par ma question.

J’ai demandé pourquoi et comment elles le savaient ? La seule réponse obtenue a été : « seuls les êtres humains ont une âme !! » Je leur ai rétorqué que ma chienne Pussy était gentille, elle n’avait jamais commis de pêché, elle s’occupait de tous mes bobos et était folle de joie quand je rentrais de l’école, elle jouait avec moi comme une sœur et elle m’adorait. Elle n’avait jamais fait de mal à personne. Donc l’évidence était qu’elle devait aller au paradis. Là les dames catéchiste se sont fâchées. Je leur ai dit que si c’était cela, leur Dieu ne m’intéressait pas car il n’était pas juste. Je ne parle pas des réactions qui s’en sont suivies. Or pour avoir examiné, expertisé, observé, quantité de psychopathes et pervers polymorphes de tous poils, je me demande encore si eux ont une âme. Ces religions là n’aident pas à la prise de conscience des devoirs qui sont les nôtres à l’égard de l’animal et de l’environnement. Je me questionne encore et toujours, pourquoi la France est-elle tellement en retard ?  Pourquoi le pouvoir intellectuel n’est-il reconnu qu’à l’homme machine, dépourvu d’affectif et d’émotif ? Tout au long de mes études et de ma carrière j’ai pu constater cela : pour être un intellectuel français reconnu intelligent, compétent et sérieux il faut se vider de toute sensibilité et de tout émotivité.. Je crois au contraire que c’est un plus, une richesse. On soigne en tant que thérapeute avec ce que l’on est. C’est ce que l’on est qui donne à nos patients confiance. L’émotif et l’affectif sont une richesse pour l’intellect pas un handicap. Bien sûr il est exclu de copiner, de fusionner avec son patient. Il faut toujours garder une distance soignant-soigné. Mais cette distance est à garder en tant qu’être humain pas qu’en homme-machine ou anthropoïde quelconque ou robot.

*  La seconde raison que je perçois est d’ordre philosophique : c’est l’humanisme. L’homme doit être au-dessus de tout, il possède la nature et doit « l’adapter » à lui, à ses besoins. Descartes déjà subordonnait tout à l’homme ce qui entraîne une hiérarchisation de la relation homme-animal et l’animal ne représente un intérêt que s’il est utile à l’homme. Même si cet intérêt consiste à montrer sa richesse : achat d’animaux génétiquement modifiés hors de prix, de champions d’exposition. Ou de créer des modes : vêtements, colliers en diamants et autres. Ce qui est une preuve qu’on est riche mais pas qu’on aime. L’animal se porte comme un beau sac à main, il s’emploie comme une belle Mercédes.

* La 3ème raison me semble être d’ordre politique avec l’éloge de l’abstraction et le mépris du concret, le discours politique est de plus en plus en décalage avec l’opinion publique qui elle réagit à la sensibilité, à l’émotion (le massacre des bébé phoques, les tortures subies par un animal, l’utilisation à la Réunion de chiots pour la pêche aux requins et autres). Il faut dire qu’à l’Assemblée Nationale en France, les chasseurs et les éleveurs sont très représentés et qu’ils forment des groupes de pression influents : on voit bien la lutte entre les pour ou contre la réintroduction des loups ou des ours. 

* La 4ème raison est d’ordre gastronomique. Il existe une méthode de gavage naturel des oies et des canards, pour le foie gras. Peu l’emploient. Avant l’hiver, les gésiers de ces volatiles se dilatent pour favoriser une plus grande ingestion d’aliments pour l’hiver afin de fabriquer une couche de graisse contre les froideurs. Même principe que les animaux qui hibernent, ours, marmottes etc…, avant l’hiver ils peuvent ingérer le double voire le triple de leur ration ordinaire d’aliments.

Les pratiques alimentaires sont diverses de par le monde. Les Polynésiens et les asiatiques mangent des chiens, ceci nous fait horreur. Nous mangeons escargots et grenouilles ce qui fait hurler les anglo-saxons, la vache est sacrée en Inde etc…. Peu de politiques s’offusquent de l’élevage en batterie, de l’agonie du taureau dans l’arène, des poules entassées dans des cages au-dessus du sol. On importait encore il y a peu, en France, des fourrures de chats et de chiens utilisés pour la mode et ses accessoires. Qui est sensibilisé par les pratiques de ceux qui élèvent pour la fourrure, renardes, hermines, visons et autres : ils les pendent vivants la tête en bas jusqu’à ce qu’ils soient proche de la mort, tout cela pour que le poil gonfle. Ensuite des produits chimiques sont utilisés pour les paralyser pour les dépecer vivants. Tout ceci alors qu’on peut fabriquer de la très belle fourrure synthétique. On sait à quel point les grands fauves sont menacés d’extinction mais les mentaux de tigres, léopard, guépards continuent à bien se vendre.

Vous êtes-vous demandé pourquoi les personnes qui dénoncent cette abominable souffrance sont tellement raillées, vilipendées, ridiculisées ? Qui se moque des collectionneurs de timbres, de pins, de porte-clés, ou de capsules de bière ? Personne. Pourquoi ? Peu lucratif, l’argent que procure le trafic des animaux est le plus lucratif au monde.

Autre dilemme : doit-on manger de la viande quand on aime les animaux ? Ou est ce que les végétariens, végétaliens, vegan ont-ils raison de penser qu’eux seuls sont les vrais amis des bêtes car ils refusent de manger leur chair ? Est-ce que ce dilemme peut trouver une solution ? Personnellement je ne l’ai pas. Je ne sais qu’une chose c’est que la prédation normale est le propre de la régulation des espèces dans la création. Et que si  on ne mange pas la chair de ces animaux de boucherie cela posera 2 problèmes :

– pour les animaux eux-mêmes : ils devront être abattus par milliers, personne ne pourra les nourrir, payer les frais vétérinaires, payer toutes les charges : électricité, salaires des soigneurs, l’habitat etc… pour les garder comme animaux de compagnie. Et de plus cela signifiera la disparition des différentes races de bovins, ovins, porcs, canards, oies etc…. Il n’existe déjà plus qu’un seul éleveur en France du véritable coq Gaulois, emblème de la France. S’il disparaissait la race de ce coq disparaitra avec lui.

– Pour les humains, combien de personnes vont perdre leur emploi, leurs terres, leurs maisons, leur retraite etc… (éleveurs, restaurateurs, bouchers, charcutiers, transporteurs, marchands etc….) Une autre solution nous est proposée : la viande reconstituée à l’aide de cellules en laboratoire, ce qu’on appelle la fausse viande. Mais on ne sait pas encore quelles vont être les effets de sa consommation et qui voudra nourrir ses enfants avec cela ? Voilà pourquoi, il me semble que ce qui est le plus réalisable c’est de stopper totalement l’élevage industriel, en batterie, l’abattage inhumain voire sadique et les conditions de transport désastreuses. Revenir aux méthodes traditionnelles ou l’animal aura une vraie vie : nourriture qu’il choisit lorsqu’il broute, la liberté, une vie en interaction avec le reste du troupeau, des manipulations de la part des humains saines et normales, une mise à mort totalement indolore et très rapide. Il sera nécessaire surtout de mettre en place une répression très forte pour tous les contrevenants. Cela préservera le vrai savoir faire des professionnels honnêtes et sérieux et cela les revalorisera. Car qui va se plaindre d’un éleveur qui aime et respecte qui le fait vivre c’est-à-dire ses bêtes, qui fournit de la bonne viande que l’on peut donner aux enfants sans danger, et qui permet la renommée des restaurateurs qui l’utilisent et de plus devient le fleuron d’un pays. Tout le monde est gagnant, l’homme et l’animal.

Une autre question se pose, où commence et où finit le monde animal ? Puisqu’actuellement on ne connaît que 20% des espèces existantes ! Comment définit-on l’animal ? Les scientifiques disent qu’il n’existe pas d’animal-humain et d’animal non humain. Car nous, les êtres humains, nous sommes bien des mammifères. On commence par cloner la brebis, le chien, il est bien évident que c’est pour apprendre à cloner l’humain, la race parfaite. On a fabriqué 400 races de chiens souvent discutables en termes de biomécanique. Pour tous ces abus, cette exploitation, ces génocides, il suffit de gommer la spécificité de l’animal, c’est-à-dire sa capacité à souffrir et à être un être sensible capable d’émotif et d’affectif. Tout comme nous. Il suffit de diminuer la culpabilité des êtres humains en les rendant ridicules et coupables d’être aussi sensibles. Le tout pourquoi : rendements, exploitation, expérimentations. C’est-à-dire pouvoir du contrôle de la nature et de la domination et rendements et bénéfices. Cette addiction à réduire le pathos et l’émotif a quelque chose d’anormal voire de maladif pour moi. Réduire l’animal à un ravet c’est le propre de l’homme-minéral au cœur de pierre, au regard d’acier, à la main de fer, à la voix métallique et au visage aussi rigide que le marbre. C’est aussi lui qui a permis l’existence des zoos humains, de l’esclavage et des génocides. Cent millions d’animaux de laboratoire sont utilisés par an, 2 millions rien que pour la France. Pourquoi n’utilise-t-on pas des cellules souches en éprouvette ? Nous utilisons 53 milliards d’animaux par an pour nous nourrir dont 90% provient de l’élevage industriel et nous n’avons même pas la reconnaissance du ventre pour leur proposer une vie décente avant utilisation, une mort humaine sans aucune souffrance. Tout cela est possible et réalisable ( expérience faite au Texas) avec peut-être moins de rendements et nous ne serons pas empoisonnés : car le stress, la peur, l’angoisse déclenchent des toxines chez eux comme chez nous. Nous dépendons les uns des autres, nous ne devrions jamais oublier cela. Bonne santé, vie heureuse pour nous. Nous sommes des omnivores, pas des herbivores. Nous pouvons manger de la viande, si notre corps en ressent le besoin sans culpabilité à condition que les animaux de boucherie soient élevés à l’air libre avec la nourriture qui correspond à leur espèce, que les conditions de transports soient normales et des conditions d’abattage douces et humaines. Les manipuler avec le respect que leur doivent notre santé, notre vie et notre morale. Je le répète et l’assène, oui ! halte à la barbarie ! Alors oui, je revendique le droit de pleurer, de m’émouvoir, de lutter contre la cruauté et la bêtise humaine, de ne pas paraître « normale » aux yeux de l’homme-minéral. J’en suis fière et qui plus est, je suis en adéquation avec l’enseignement de mes ancêtres et cette société idyllique qu’ils avaient créée.

J’éprouve une réelle pitié pour cet homme-machine qui ne connaîtra jamais la fascination et l’émerveillement que procurent la beauté, la joie que nous donnent  ces belles minutes de vie quand une fleur embaume ou qu’un animal est heureux de nous voir avec ses facéties, quand il joue et veut attirer notre attention, les émotions et les frissons que fournissent les beaux et nobles sentiments, et l’exaltation de pouvoir sauter, courir, danser avec les ailes de la liberté.. Tout ceci n’empêche en rien le sérieux, la compétence et l’efficacité qu’exige la vie professionnelle.

           

Houra à toi homme-minéral qui ne connaît que ce qui se mesure, se pèse, et se compte. Puisse ton espèce s’éteindre à jamais.

Je m’appelle Marie-Aude ABANE, et je suis Kabyle, berbère et psychologue.