Idéologie de la SPA de la Guadeloupe

 

Nous devons apporter quelques précisions car nous constatons que trop souvent nous sommes confondues avec la SPA de Paris.

 

–      Si vous tapez sur Google « Délégation de la SPA de Paris en Guadeloupe » vous tombez sur notre site qui est référencé pour cette requête dans les premières positions. Ceci prête à confusion car nous ne sommes en aucun cas affiliées de quelque façon que ce soit à la SPA de Paris. Pour autant nous sommes bel et bien une association crée depuis 1986 (soit 31 ans)  avec statuts déposés et déclaration en sous-préfecture. Vous trouverez toute notre présentation à la page: Présentation de la SPA de la Guadeloupe

 

 

–      Notre association n’a donc rien à voir avec la SPA de Paris Boulevard  Berthier.  

Nous, nous sommes confédérés à la Confédération Nationale des SPA de France Défense de l’Animal (qui regroupe 260  associations). Nous ne partageons en aucun point l’idéologie de Paris. Le crédo de la World SPA, le code de déontologie de la protection animale est le suivant : information et responsabilisation des propriétaires d’animaux. Pas d’inonder un département d’argent en prenant tout en charge : blessures, stérilisation, frais vétérinaires. Le propriétaire pour être responsabilisé par rapport à son animal doit assumer les frais des soins selon ses moyens. Les associations qui aident les SDF pour leur animal les obligent à une participation de 5€. C’est dire à quel point la responsabilisation est capitale. Le maternage, le cocooning des humains à outrance est une erreur. Il serait fou de stériliser les animaux de riches pour qu’ils fassent plus de dons et des legs. La protection animale pour moi ce n’est pas la consécration, lauriers sur la tête, du type « I am the best ». Ce n’est pas vampiriser toutes les associations pour être la SPA impératrice. Cela n’a pas lieu d’être avec les animaux. Cela n’a aucun sens.  Eux ils n’ont ni politique, ni religion, ni l’ambition d’être les plus beaux, les meilleurs, les plus riches. Ils veulent amour, le respect de leur dignité et de leur liberté. C’est ce dont ils ont besoin. Moi, je souhaite que plein d’autres personnes fassent plus et mieux que moi, c’est ainsi qu’il y aura moins de misère animale. Les guerres de pouvoir m’insupportent. Je ne marche pas dans cette médiocre rivalité là. Ce n’est pas mon monde.

A mon avis chaque association de protection animale ne doit pas être clonée par une idéologie dominante. Je dis NON à la PENSEE UNIQUE. C’est ce qu’il y a de plus dangereux. Le combat face à la misère animale est un choix et doit être un choix (port de la fourrure, vivisection, Toromachie, défense des animaux de cirque, protection de l’environnement, des mers et des océans, animaux d’élevage etc…. la liste est longue).

La SPA de la Guadeloupe a toujours eu pour vocation la protection des espèces endémiques des petites Antilles, des espèces en voie de disparition, le combat contre le non respect de la dignité de l’animal (zoophilie et maltraitance) et la recherche et l’analyse des comportements affectifs et sociaux des animaux pour pouvoir mieux les protéger. Avec Monsieur Miguel SOUSSAINTJEAN nous avons fourni un dossier déposé, il y a quelques années, à la Société Centrale Canine afin que les chats et chiens créoles soient reconnus comme les animaux de race.

Alors qu’elle peut être ma réaction de voir cette déportation de nos races créoles en Métropole ? Et les Antillais laissent faire cela ! Ils n’auront plus d’animaux qui auront fait partie de leur histoire. Est-ce comme cela qu’on va apprendre aux Antillais à s’occuper de leurs animaux créoles, ils doivent les revaloriser car ça c’est leur véritable patrimoine. Quand on arrive dans un département inconnu on va voir et rencontrer qui était là avant, qui a fait quoi, le pourquoi et le comment sans cela c’est du colonialisme : « moi fort vient te dire à toi pauvre faible ce que tu dois faire ». Je suis habituée, je suis un sang mêlé née en Algérie. Bien sûr c’est fait de façon plus subtile, moins flagrante mais le sens est le même. Sous prétexte de sauver, d’aider, de prendre en charge, on prend ce qui intéresse et on jette comme on veut.

Je dois dire un grand merci à la SPA de Paris d’avoir à ce point bousiller (il y a bouse à l’intérieur de ce mot et cela me plaît) 30 ans d’acharnement, de motivation, de combat pour que la Guadeloupe possède une vraie politique de protection animale. D’avoir détruit mes partenariats avec des gens avec lesquels j’avais eu une longue et riche coopération. Vous avez hurlé que je n’avais jamais rien fait et que vous êtes les seuls qui excellaient en la matière. Mais ça mes trésors c’est aux Antillais d’en juger, pas à vous.

J’espère chers sympathisants, chers amis des animaux que vous avez compris que je n’ai aucun conflit de personne, je ne connais pas ces gens-là. Mais je suis contre le bâclé, le n’importe quoi, et les guerres de pouvoir. C’est tout !     

Par contre posez-vous la question : pourquoi la Guadeloupe n’a jamais eu autant d’abandons de femelles gestantes ou avec portée. Que faire si Paris ne donne plus autant d’argent ? On a habitué maintenant les Guadeloupéens à ce que ce soit la SPA qui prenne en charge leur non gestion de la reproduction, les accidents et les maladies de leurs animaux même s’ils ne sont pas adhérents à l’association. Or la SPA ce n’est pas cela, et ce, dans le monde entier. C’est combattre la misère animale et aider les propriétaires à mieux gérer leurs animaux, à mieux s’occuper d’eux. C’est comme si s’occuper d’enfants, c’était tout faire à leur place : leurs devoirs d’école, gérer leur relationnel, leurs problèmes. Non l’éducation c’est apprendre, aider, expliquer, montrer, pas se substituer à : sans cela, on a un rapport dominé-dominant et cela n’est jamais un rapport sain.

                                                                                             

 

Marie-Aude ABANE
  Présidente de la SPA de la Guadeloupe